Lointainlogis

la passe de Shyvar






L’Aglarond abritait voilà près de deux millénaires les légendaires elfes des étoiles, ceux-ci quittèrent Toril en -699 CV...
Leur refuge planaire attira l’attention d’un peuple de monstrueux sorciers bien décidé à s’emparer de ce havre.
Les elfes des étoiles auraient pu rester ainsi ignorés de tous et seuls quelques uns de leurs représentants foulèrent Faerun de leurs pieds...
Parmis eux la quesselle Calastra Aubechant qui se trouvait en Velprintalar pour des raisons connues d’elle seule.
C’est alors que débute l’affaire du théurge éthéré...
Alors que la quesselle se trouvait en Tourtossaim, fief du mestre du Tocsin, elle fut attaquée pour d’obscures raisons par un forgeron devenu fou, celui-ci ne parvenant pas à ses fins, s’empara de tenailles, se broya la gorge, mourrant dans d’atroces souffrances. Le Mestre profita de l’occasion, détestant les fées, il fit arrêter la quesselle, sous le fallacieux prétexte de crime, modifiant les témoignages à force de menaces et d’argent. Il était prévu que celle-ci meure pendue…

Je suis inquiète de l’absence de la Dame Aubechant, je n’en dis rien, elle a ses mystères et je respecte son silence. La venue de son frère, inquiet également, me confirme que Calastra aurait du rentrer voilà un moment, les Yuirs ne l’ont pas vu.
Commençant à paniquer, nous tînmes avec des amis un « conseil de crise » et alors que nous discutions sur ce qu’il advenait de faire pour la retrouver, la forestière de la Simbule Janbert Meladennelle et moi même reçûmes une sorte de message mental…
Aujourd’hui encore, je me demande comment elle a réussi cet exploit, la quesselle est pleine de surprise. Ce message court et ténu était la vision d’un manoir… c’était… sibyllin.

Après diverses recherches sur les manoirs de Velprintalar, dont une dangereuse enquête au cœur du manoir de Dame Mytéla Halvasyn, qui s’avéra infructueuse, Lynael eu l’idée d’aller voir du coté de Tourtossaim... Tourtossaim : célèbre pour avoir prévenu les attaques thayennes de tout temps, et pour ses sentiments profondément xénophobes à l’égard des elfes.
Ainsi donc, un soir, nous chevauchâmes, Melindo, Lynael et moi-même, jusqu’au fief voisin de la capitale aglarondienne.
Quelle ne fut pas notre surprise en apprenant que la quesselle était en geôle, accusée de crime. L’horreur succéda à la surprise quand nous pûmes accéder jusqu’à elle, tant elle était dans un état lamentable suite aux sévices de ses gardes chiourme. Plus encore quand nous apprîmes qu’elle devait être pendue à l’aube le lendemain. Le désespoir m’assaillit, je ne retenais pas mes larmes, vaincue par tant de cruauté alors qu’elle était, j’en étais convaincue, innocente ; ce qui sera prouvé plus tard. Mais l’impétueux prêtre sélunite, Lynael’Rynn, n’y tenant plus, s’emporta et assomma le vulgaire garde qui s’amusait à houspiller la quesselle, recevant le soutien inattendu d’un jeune garde.

Au point où nous en étions, nous échafaudâmes un plan pour sortir Calastra de cet horrible lieu, pour la mettre loin des griffes du Mestre du Tocsin et de son âme damnée, le capitaine Garic Koroyan.
Malheureusement, probablement alertés par le bruit, des gardes descendirent dans les geôles. C’est alors que Calastra me demanda de chanter…
Curieuse demande, j’eus d’ailleurs beaucoup de mal à l’exaucer, la tension et l’inquiétude m’enlevant tout mes moyens.
Quand finalement ma voix s’éleva dans un chant hésitant, la magie nous enveloppa et nous nous retrouvâmes dehors, surpris mais sain et sauf. Cet effort lui ayant tirée ses ultimes forces, Calastra s’écroula.
Après une périlleuse chevauchée nocturne, qui ôta la vie du jeune et courageux garde qui nous avait porté assistance, nous revînmes enfin à Velprintalar, les hommes du Mestre cessant la poursuite lorsque nous fumes à l’abri dans l’enceinte de la capitale.

Calastra à l’abri au temple sélunite, pouvait se remettre des sévices infligés dans les cachots. Après plusieurs jours de repos, elle pu réunir suffisamment de force pour nous faire un bref exposé des évènements. Le forgeron avait en fait été possédé par la forme spectrale d’un Nilshai, vaincu il y a bien longtemps par les elfes des étoiles, mais celui-ci ne s’avoua pas vaincu et attacha son essence à un fragment de l’un des menhirs de la Clairsol. Quand quelqu’un osa arracher cette pierre à sa légitime place, le spectre du Nilshai profita de l’occasion pour s’emparer de cet imprudent. C’est en possédant de la même façon le forgeron qu’il tenta de tuer ma sœur d’âme… Mais cela nous ne l’apprendrions que plus tard. Nous avions en effet de graves problèmes qui se profilait à notre horizon…
Le Mestre, opposant farouche de la reine, n’hésita pas un instant pour l’accuser d’ingérence dans son fief et déposa un recours devant le conseil royal. Dans le même temps nous étions accusés, mes amis et moi même d’avoir fait évader et de protéger une fugitive, ce qui après tout quand j’y repense à présent, était la stricte vérité. Mais ce n’était pas tout, nous avions soit disant dans notre fuite ôté la vie à deux gardes. Nous avions moins d’un mois pour prouver notre innocence et pour arrêter le théurge.

Un bien court moment pour faire tout cela...
Mais nous reçûmes l’aide inattendue et qui m’étonne encore d’Arizima. Celle-ci a par je ne sais quels moyens, réussi à aller jusqu’en Tourtossaim pour récupérer des preuves mettant en évidence la fourberie du Mestre et la machination ourdit par celui-ci pour tenter de porter atteinte au pouvoir de la Simbule. Bien entendu ce fut le capitaine Koroyan qui endossa toutes les responsabilités. L’ombre de la corde ne planait plus au dessus de nos têtes.

Restait à nous débarrasser de la perfide créature. Mais encore fallait-il pouvoir la localiser… Pour cela nous fîment appel à un mage de la cour, l’amrun’quessir Thindel. Ses efforts furent couronnés de succès et malgré un temps lors duquel la créature échappa à la scrutation du mage elfique il fut enfin localisé. Le sorcier de l’éther était entré en ville et s’était caché dans les égouts sous le marché, resté à ce même endroit plus de deux décades. Pourquoi était-il venu en Velprintalar ? Pourquoi ne bougeait-il plus à présent ? Je ne comprenais pas et me perdais en conjectures…

Nous attendions le retour de la forestière Janbert pour passer à l’action, Lynael, sans en prévenir les autres, parti en reconnaissance ; bien qu’il tomba sur un rat garou, il en sorti indemne non sans traîner derrière lui une odeur fort déplaisante. Quand enfin nous partîmes pour nous débarrasser de la bête, notre groupe comptant le nain Kiroth, Lynael, Janbert, Melindo et moi-même pénétrâmes dans les égouts. Nous dûmes affronter deux hybrides mi homme mi rat avant de pouvoir accéder au tunnel qui permettait d’accéder au repaire du théurge.
Nous fumes surpris de constater qu’il ne s’était pas cacher là par hasard, nous débouchâmes dans ce qui semblait être un temple d’une antique divinité elfique, réunissant les trois aspects des divinités Sehahine Lunarc.
Ce lieu, bien qu’abandonné depuis près de deux millénaires dégageait une aura de splendeur.. Mais les lieux avaient aussi leurs dangers, une fosse dans laquelle je faillis tomber me revient en mémoire... Je préfère ne pas savoir jusqu’à quelle profondeur elle s’enfonçait.
Nous trouvâmes un passage dérobé menant à un tombeau attenant au temple. C’est là qu’aurait lieu l’affrontement. Le passage donnait accès à une salle dans laquelle reposaient quatre corps encoconnés et au milieu la pierre de la Clairsol.
Je m’approchais inconsidérément des corps pour vérifier s’ils étaient morts. C’est alors qu’une douleur fulgura mon épaule, un poison violent coulant dans mes veines, m’affaiblissait avec une rapidité déconcertante. Lynael vint à mon secours et usa d’un sort ralentissant l’effet du poison, ce qui, je pense me sauva la vie. J’ai peu de souvenir de l’épisode. L’effet de la blessure et du poison m’ayant plus choqué que je n’oserais l’avouer.
La chose qui nous avait attaqué s’avéra être une araignée issue du plan de l’éther… mortellement dangereuse.

Nous n’eûmes guère le temps de nous remettre de nos émotions, qu’un horrible hurlement retentit dans le couloir qui s’enfonçait plus profondément dans le tombeau. Nous apparu alors une chose qui hantera encore longtemps mes rêveries :
Un enfant nécrosé et meurtri, aux plaies suppurantes, le regard révélant la possession par une entité débordante de haine que l’enveloppe corporelle empruntée pouvait difficilement contenir. Commença alors le véritable combat, la raison de notre présence en ces lieux.
La créature fut étonnement facile à abattre, moi qui m’attendais à devoir essuyer une nuée de sortilèges, j’eus quand même très peur quand une de ses griffes éthérée atteignit Lynael.
Quand enfin la bête fut à terre, nous récupérâmes la pierre de la Clairsol, et alors que nous pensions en avoir enfin fini, s’éleva une nouvelle voix dans le couloir du tombeau. Une voix dans laquelle résonnait toute la puissance d’un être millénaire. Je ne saurais dire aujourd’hui pourquoi je faisais confiance au propriétaire de cette voix, un baelnorn, une liche elfique, restée en arrière de son peuple pour garder le portail vers Sildeyuir.
Elle avait probablement la puissance pour me balayer d’un geste et je me rends aujourd'hui compte que je fis prendre beaucoup de risques à mes amis en prenant telle décision.
En effet j’ai préféré la croire quand elle nous dit que la pierre ne devait pas retourner dans la Clairsol que nous connaissons, celle perdue au milieu du Yuir, elle n’etait que le reflet du cercle de menhir qui séjourne en Sildeyuir et c’est là que la pierre devait retourner.
Ainsi s'achève cet épisode tumultueux, où politique, intrigue et magie furent une fois de plus source de vengeances tragiques...


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